L'épouvantail

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Il siège au milieu de son champ
Et se bat en vain contre le vent
Le Don Quichotte des temps modernes
Poursuit sa lutte contre lui-même

A des millions de kilomètres de là, sur une arche galactique,
la nouvelle Eve met au monde le plus beau des enfants.
Il n’a ni mémoire ni grands parents et son cœur bat paisible
à de nouveaux futurs.
Personne ne se mêlera de lui raconter cette histoire qui n’est pas la sienne.

Il veille de nuit comme de jour
Aux intérêts de son labour
Une chambre d’appart et son marasme
Plantée dans un champ d’asphalte et de phantasmes

Après que les océans aient avalé les montagnes où cyclopes et titans attendaient leurs revanches
Après les maelströms et la chute de quelques paradis.
Les aurores infernales incendièrent passés et vanités.
Sans surprise, les apocalypses, mille et une fois annoncées,
achevèrent la plus ancienne des prophéties.

Il n'est plus d'ici, Il a tout son temps
Et puisque le temps est fait de ciment
Les corbeaux croassent un air posthume
Dédié à ce « prince du bitume »

Les empires tombèrent, les uns après les autres,
comme des châteaux de cartes.
Le lendemain des affrontements,
juste après les dernières réglementations et bonnes résolutions de rigueur,
Avant le vote, après les élections...
juste avant.